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18 novembre 2015

Pour faire monter le FN, les socialistes auraient-ils sciemment laissé commettre les attentats ?

«Le pacte de sécurité plutôt que le pacte de stabilité», dixit François Hollande devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, ce 16 novembre, trois jour après le « vendredi noir ». Comme toujours, le caractère périssable du slogan prend le pas sur la profondeur des grandes visions. Comme à l’accoutumée, l’intervention élyséenne fleurait bon son improvisation de communicant.


Néanmoins, cette « petite phrase », dont seul Hollande a le secret, en dit long sur l’impéritie structurelle de l’État. Disparu des écrans radars, le chômage. Exeunt les inopérantes incantations sur l’inversion d’icelui. Gommée, la croissance. Effacées les bourdes gouvernementales. Nous voilà subitement redescendus sur la terre ferme, en un atterrissage douloureux. Tragique même.


Et la prévisible « Voix de son maître » médiatique de dérouler la pelote des louanges à destination de l’ancien député de Corrèze, accidentellement devenu président de la République par anti-sarkozysme épidermique, qui, forcément, exploserait pour la seconde fois, le baromètre sondagier. Le voici à nouveau pleinement président, celui que l’on affublait, il y a encore moins d’une semaine, de sobriquets mortels du type « roi fainéant », « nain puissant » ou « nullissime boutonneux ».


Mais il y a plus. Contrairement à ce que l’ex-premier Secrétaire du PS pouvait laisser croire, celui-ci s’avère, en réalité, d’une redoutable intelligence. Non pas certes de ces intelligences créatrices inspirées par une vaste culture, mais de celles, foncièrement utilitaires, traversées par des fulgurances rendant l’intéressé, sinon génial, à tout le moins redoutable.


Hollande, en préemptant, la phraséologie sécuritaire sarko-lepéniste, scelle, en effet, cette artificielle « unité nationale », dont on a pu écrire, dans ces colonnes, qu’elle était un rideau de fumée, une duperie grotesque servant à occulter son évidente responsabilité politique. Simultanément, profitant de la sidération provoquée par les attentats, il se concilie, de Benoît Hamon à Jean-Luc Mélenchon, les faveurs d’une gauche qui n’en finissait plus d’ourdir contre lui.


Au-delà de cette écume, on peut s’interroger sur le cynisme d’une telle posture qui n’illusionne que les ingénus. Hasardons-nous à formuler une hypothèse qui, malgré – reconnaissons-le – son présupposé conspirationniste, n’en serait pas pour autant dénuée de vraisemblance, à en juger par la glaciale détermination destructrice dont n’a cessé de faire montre ce socialisme à visage hideux, depuis son arrivée au pouvoir. Ainsi, en jetant volontairement un voile d’ignorance sur les signes avant-coureurs de ces atrocités nécessairement repérés par nos services de renseignements, le pouvoir ne serait-il pas à l’origine d’une sordide instrumentalisation du terrorisme à des fins politiciennes : faire monter le FN – en lui assurant, le cas échéant, une nette victoire dans certaines régions – pour préparer une réélection en 2017. Mithridatisant la droite, Hollande se garde de sa gauche en étouffant dans l’œuf toute velléité de contestation de son leadership.


Circonspect, le criminologue Xavier Raufer, après avoir souligné le surarmement de Daesh, se demandait sur TV Libertés (14 novembre) : « l’État islamique est une armée mercenaire [mais] au service de qui ? ».


« Quand vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, même improbable, doit être la vérité » (A. Conan Doyle, Le signe des Quatre).

Aristide Leucate