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05 décembre 2013

Revue de presse du 3 décembre 2013

 

Où, toujours, le fossé se creuse entre le pays légal et le pays réel, entre ce qu’il est convenu d’appeler l’oligarchie et le peuple, entre ceux qui s’arriment à leurs privilèges indus et ceux qui subissent journellement les effets du grand bouleversement (culturel, démographique, économique, civilisationnel).

 

Cette oligarchie qu’Eric Zemmour (RTL, 29 novembre) s’est payé dans les grandes largeurs jubilatoires, suite à la Une du Point (28 novembre) sur le « néocons », où le polémiste était présenté comme « l’archétype du ‘‘nouveau conservateur à la française [pleurant] cette France jadis dominante sur le continent ». Notre pamphlétaire tire à vue sur ces « représentent la France des grandes métropoles qui profitent grassement des bienfaits de la mondialisation et n’ont cure de la France du périurbain qui souffre. Ah ! Ces millions de pauvres qui ne comprennent pas que la mondialisation a permis le décollage des pays misérables et l’éclosion de riches Chinois ou Indiens qui peuvent acheter des sacs Hermès ou des voitures allemandes. Alors les ploucs ! Encore un effort pour être internationalistes ; encore un effort pour comprendre que l’immigration est une chance pour la France. (…) Ils vantent l’Islam, religion de paix. Mais ils ne croient pas en Dieu et n’ont jamais lu le Coran. Puisque beaucoup d’ouvriers et d’employés votent pour le FN, puisque le peuple est devenu réactionnaire et ne s’extasie pas devant les beautés, pourtant aveuglantes, du multiculturalisme, du mariage pour tous, de la théorie du genre, il faut laisser tomber le peuple. (…) D’ailleurs, pour eux, le peuple français n’existe pas, ou c’est un ramassis de « Duponts-la joie » racistes et alcooliques. Il est vrai que la démocratie n’est pas leur fort. Ils confondent la majorité dans le pays, avec la majorité à Bruxelles ou à Francfort. Ils confondent pensée majoritaire dans le peuple et pensée dominante dans la cléricature politique, médiatique et économique. C’est à-dire, eux ! Ils confondent conservateurs et réactionnaires. Parce que les conservateurs se sont eux. Conserver leurs idées, leur vision du monde, leurs places, leur confort ». Les mêmes nous servent de façon récurrente, leur vomitive accusation de racisme, gaz anesthésiant des dernières défenses immunitaires des peuples culpabilisés et rideau de fumée de l’incapacité politique du pouvoir. L’alternative est simpliste : défendre les siens avant les autres est raciste. « Alternative débilitante, écrit Olivier Delacrétaz dans un bel éditorial de La Nation-Journal vaudois (29 novembre). L’être humain est en toute chose à la fois particulier et universel, à la fois déterminé par ses appartenances et liberté de son jugement comme de ses décisions. Aussi ne se retrouve-t-il pleinement ni dans le donné brut de la race, ni dans la sèche – et d’ailleurs imprécise – rationalité des ‘‘valeurs républicaines’’. Seule la communauté historique et territoriale qu’on appelle la nation offre, dans une certaine mesure, la synthèse du particulier et de l’universel. (…) Dans un pays civilisé, la race n’est pas insignifiante, mais elle secondaire. Elle est intégrée à l’ordre social. L’appartenance nationale, les déterminations familiales, professionnelles et religieuses, les liens affectifs sont plus forts, plus significatifs que les caractéristiques raciales. Mais une nation peut se décomposer. Quand la civilisation reflue, quand l’ordre social se défait, quand les repères traditionnels sont ridiculisés, la race offre une sorte de communauté de substitution ». Quoiqu’il en soit, à force de racialiser le discours, on a fini par mettre la langue en examen perpétuel : « Le type européen accolé au suspect Abdelhakim Dekhar en dit long sur nos représentations collectives. Pour ne pas employer l’expression taboue de race blanche, la police et les médias en viennent à des circonvolutions absurdes. Le type européen n’existe pas. Au mieux trouve-t-on des types scandinave, saxon, slave, méditerranéen, iranien ou maghrébin, qui peuvent s’apparenter à la race blanche ou caucasienne. Mais maintenant que les races n’existent plus, il se pose un petit problème concret pour décrire un suspect lors d’un appel à témoins » (Stephan A. Brunel, Boulevard Voltaire, 2 décembre). « Plus l'oppresseur est vil, plus l'esclave est infâme », disait La Harpe. Hollande et sa clique ont instauré un climat délétère de guerre civile larvée et chacun de ses commis exhale la puanteur pestilentielle des régimes en décomposition avancée. C’est, en substance, ce qu’écrit Denis Tillinac dans Valeurs actuelles (28 novembre) : « la conjonction de son [celui d’Hollande] autisme et du sectarisme de ses ‘‘amis’’ aura donné le ton d’un art de gouverner pire qu’inadéquat par temps d’orage. Ses mêmes ‘‘amis’’ persévèrent en se gargarisant du mot ‘‘droitisation’’, sans comprendre du tout en quoi notre société a cessé d’être en phase avec leurs présupposés. (…) La France bascule à droite, dans ses profondeurs, phénomène indéit depuis les années soixante. (…) Les fauteurs de discorde ne sont pas les gens de droite, mais ceux qui, à gauche, escamotent le débat (…) en expédiant leurs adversaires dans l’enfer d’un ‘‘fascisme’’ imaginaire, double rejeton de leur démonologie et de leur cynisme ». Reste à savoir de quelle droite on parle…

05 novembre 2013

Revue de presse du 4 octobre 2013

 

Où il est de bonne et saine politique de toujours se demander à qui profite le crime. Les peuples comme les États sont, en principe, mus par des intérêts qui sont fort éloignés des prescriptions éthérées de la morale des droits de l’homme universel.

 

La Suisse a donné un magistral exemple, le 22 septembre dernier en rejetant, ad referendum, l’initiative des antimilitaristes du Groupe pour une Suisse sans armée visant à abroger le service militaire obligatoire. En votant « non » à 73,2%, nos voisins « n’ont pas hésité à aller à contre-courant des autres Etats Européens, lesquels tendent à abandonner suicidairement la protection de leur territoire et à professionnaliser leur armée pour ne l’engager que dans des conflits extérieurs. (…) Les Suisses ont affirmé leur volonté d’autonomie et de souveraineté, message sans équivoque à l’attention d’un Gouvernement par trop soumis aux exigences des Etats étrangers, par trop attentif au moindre froncement de sourcils du moindre fonctionnaire bruxellois, au moindre toussotement du moindre fouineur fiscal étasunien » (Olivier Delacrétaz, La Nation-Journal vaudois, 4 octobre). Si l’angélus peut allègrement retentir de ce côté-là des Alpes, ce sont, en revanche, des glas noirs et lugubres qui s’abattent sur notre armée, soumise à des réductions budgétaires drastiques qui inquiètent, à juste titre, Jacques Cognerais dans Minute (9 octobre) : « entre 2008 et 2019, nous aurons perdu le quart de nos hommes. Est-ce sensé, est-ce conforme à l’intérêt national alors que la situation internationale devient de plus incertaine, complexe et multipolaire ? (…) On attendrait, face au mépris affiché par les socialistes face à nos intérêts de puissance, qu’un certain nombre d’officiers généraux d’active démissionnent. C’est trop leur demander. Leurs très coquettes rémunérations leur font avaler la plupart des couleuvres ». Deux politiques, deux options qui servent deux intérêts radicalement contraires : celui de l’étranger, celui d’un Etat indépendant et maître chez lui comme de ses choix. L’espoir viendrait-il de l’Est ? L’on apprend ainsi, sous la plume de Pierre-Alain Depauw, (Médias-presse-info, 10 octobre) que « Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Guennadi Gatilov a annoncé que la Russie a l’intention de combattre au sein des organisations internationales la tendance à invoquer les droits de l’Homme pour justifier toutes les dérives. (…) La sémantique des droits de l’Homme « est activement utilisée pour légaliser le recours à la force au mépris du droit international et de la Charte des Nations unies ou pour décréter des sanctions et des restrictions économiques rigoureuses (…) Dans d’autres domaines, nous voyons la même rhétorique être utilisée pour vanter les mérites de la thérapie de remplacement lors du traitement de la toxicomanie, légaliser les adoptions d’enfants par des couples de même sexe, faire la propagande en faveur de l’euthanasie et ainsi de suite ». Pas sûr que nos élites mondialistes acceptent sans broncher de voir contester leurs dogmes intangibles. Reconnaissons, toutefois, qu’une telle stratégie de rupture dans les relations diplomatiques est un clin d’œil à peine appuyé aux puissances émergentes qui savent qu’elles peuvent s’appuyer sur une Russie forte et sûre d’elle-même. Dans un registre plus franco-français, Eric Zemmour livre dans la livraison d’octobre du Spectacle du Monde, son explication (des plus évidentes) de l’appel de François Fillon à « voter pour le moins sectaire » en cas de duel de second tour PS-FN : « l’important n’était pas de changer les lignes, mais de donner des signes. C’est la méthode mise au point avec un talent rare, et un cynisme accompli, par Patrick Buisson et Nicolas Sarkozy : donner des signes à l’électeur, pour lui montrer qu’on est en sympathie avec ce qu’il pense et vit, même si on ne fait rien concrètement pour régler les questions qu’il soulève. François Fillon est en précampagne présidentielle. Sa défaite lors de l’élection de l’UMP lui a ouvert les yeux sur la réalité politique de l’électorat de droite. Il a compris que son positionnement de notable modéré datait des années 1980 et n’avait plus guère d’électeurs ». Une façon littéraire de dire que l’ancien « collaborateur » de Sarkozy est un politicien sans colonne vertébrale de « droite » et « has been », par-dessus le marché.

Parue dans L'Action Française 2000 n°2871