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02 décembre 2013

HOLLANDE,IMMOBILE A PETITS PAS

 

Les médias sont unanimes, cette fois ; jamais aucun président de la République sous la Ve République, ne s’était effondré en-dessous de la barre fatidique des 30% d’opinions satisfaites. Mais en prenant acte des reculades et des tergiversations incessantes du locataire de l’Elysée, l’on reste à la superficialité des choses.

Hollande, président soliveau

Certes, François Hollande administre quotidiennement la preuve que derrière le culot anaphorique auquel il nous avait habitué durant la campagne électorale de la Présidentielle de 2012, se cache une incommensurable incompétence des choses de l’Etat. L’attelage qu’il forme avec un Jean-Marc Ayrault, à la personnalité diaphane est, à ce titre, révélateur de sa personnalité assez faible, ayant montré, dès le choix de son Premier ministre, son incapacité à assurer des fonctions trop large pour lui. Les médias, se jouant de mots, soulignent régulièrement le contraste entre l’« hyper-président » d’hier et l’« hypo-président » d’aujourd’hui. Il est vrai que l’on peut être frappé de la ressemblance à front renversé du duo que formait en son temps le « collaborateur » François Fillon, effacé jusqu’à la soumission, et un Nicolas Sarkozy, omniprésent ad nauseam et agité compulsif. Au discours de Toulon sur les Roms de Sarkozy, a succédé cette ahurissante intervention publique du président honoraire du Conseil général de Corrèze, à propos de la clandestine kosovare, Léonarda. Le brassage du vent « anti-crise » du précédent a laissé la place au rétropédalage et aux pas de tango de l’actuel, incapable de trancher sur l’essentiel. Le locataire de l’Elysée fait penser au président sous les IIIe et IVe République, dont les seuls pouvoirs se limitaient à ne pas troubler le marigot parlementaire et politicien. Hollande fait du Chirac en pire (ce qui n’est guère rassurant, eu égard aux deux mandats indigents de ce dernier). En état d’apesanteur perpétuel en France, l’ex-compagnon de Ségolène Royal, singe son prédécesseur sur la scène internationale. Après l’intervention militaire au Mali (au succès en demi-teinte) d’il y a quelques mois, où il apparaissait comme le nouveau Scipion l’Africain, Hollande claironne désormais fièrement, urbi et orbi, que la France à fait libérer quatre ressortissants détenus par AQMI au Niger. Les caisses du Trésor sont vides, mais suffisamment remplies, néanmoins, pour payer les rançons exigées par les terroristes. Coïncidence ? Nos malheureux otages arrivaient à point nommé pour empêcher que l’ex-premier Secrétaire du PS ne se noie définitivement dans le zéro pointé de sa côte de popularité. Quand la haute politique est bassement instrumentée pour servir de variable d’ajustement à la politique intérieure… Mais la realpolitik reprend ses droits, avec l’assassinat de deux journalistes français au Mali. Hollande peine obstinément à décoller. Funeste présage.

La politique française abandonnée à l’UE

Cependant, on l’a dit, c’est se contenter de l’écume que de ne pas chercher à analyser les ressorts profonds d’une telle inaptitude présidentielle. Foin des expertises aussi instantanéistes qu’évanescentes de nos prétendus « spécialistes » politiques, commençons par observer que nous sommes rentrés, depuis vingt ans, dans le règne de la « gouvernance », après avoir abandonné le « droit gouvernement » des hommes et de la cité, autrement appelé souveraineté, aux mains irresponsables et méprisantes (et donc méprisables) des technocrates de l’Union européenne. Pour ne prendre qu’un exemple, entre mille, la France a littéralement aliéné sa politique migratoire à Bruxelles, ce qui fait dire à la démographe, Michèle Tribalat, que « la France le souhaiterait-elle qu’elle n’a guère les moyens de couper les vannes de l’immigration, encore moins de l’immigration venant spécifiquement des pays musulmans (…), la politique migratoire étant désormais une compétence ‘‘partagée’’ avec l’UE – et les compétences qui lui restent se résument vraiment à la portion congrue » (Assimilation. La fin du modèle français, Editions du Toucan, 2013). La dispendieuse braderie électorale organisée tous les cinq ans pour désigner un super gouverneur, est une véritable tromperie sur la marchandise. La crédulité du corps électoral est même surprise par dol, dans la mesure où son consentement n’est soutiré que par manœuvres, mensonges et manipulations. La vérité crue, que nul n’ignore pourtant mais que tout le monde sacrifie régulièrement au sacro-saint tabou démocratique et « républicain », est que nos dirigeants ont moins de pouvoir qu’un maire ou qu’un président de communauté de communes. Hollande, pas plus que ses devanciers Sarkozy ou Chirac, ne peut peser de manière décisive sur la politique de notre pays, résumée à sa fonction publique pantagruélique, à sa ponction publique écrasante, et à sa sécurité réduite aux radars autoroutiers... Bref, pour paraphraser Eric Zemmour, Hollande est un immobile à petits pas.

Article publié dans L'Action Française n°2873

17:26 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

ANTIRACISME D'ETAT

Pas de quoi avoir la banane en ces temps de totalitarisme idéologique. Ras-le-bol de ces bûchers allumés, çà et là, par les Torquemada de cette pseudo-gauche en perte de vitesse !

L’antiracisme, priorité nationale

L’hebdomadaire Minute fait sa « Une », bravache et potache,– bête et méchante, aurait, naguère, clamé feu le canard d’extrême gauche, Hara-Kiri – sur un ministre malgré tout impopulaire – qu’une impudence infatuée fait opportunément sortir du bois –, voilà la machine d’Etat – pachyderme impotent depuis que Bruxelles la supplée en tout –, sort de sa torpeur, s’ébroue et expectore en un râle moribond une indignation bon marché, jusque-là réservée aux valets stipendiés du MRAP et de SOS Racisme. Mais, c’est bien connu, comme l’a pertinemment souligné Eric Zemmour, « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. L’offensive médiatico-politique de Christiane Taubira est la marque du grand professionnalisme de notre ministre de la Justice. Elle a utilisé avec maestria la complicité de la presse bien-pensante qui relaie complaisamment l’accusation : la France est raciste. Roulez tambours, Christiane Taubira est la Jeanne d’Arc de l’antiracisme, c’est tout bénéfice pour elle qui se victimise et s’héroïse tout à la fois. De la belle ouvrage qui montre la faiblesse inouïe des têtes de l’exécutif Hollande et Ayrault, qu’elle a contraint à pousser leurs petits cris antiracistes pour la défendre » (RTL, 8 novembre) .Au lieu d’affronter les problèmes du jour que sont les dramatiques fermetures d’usines, les licenciements douloureux ou le chômage endémique, Hollande, s’inspirant de son maître Mitterrand, le talent et la culture en moins, tire les ficelles usées de l’antiracisme malodorant, avatar de l’antifascisme des années trente.

Antiracisme à géométrie variable

Hollande est contesté, conspué même, le « gouvernement » conchie sur le peuple de France qui n’en peut mais. Et tout le monde se met à entonner le couplet de la « République en danger », des « valeurs bafouées » d’icelle et de son corollaire indispensable, la « terrrrible « extrême-droite, cette brechtienne « bête immonde » au « ventre encore fécond ». Le raccourci subliminal est d’ailleurs vite fait. Marine Le Pen progresse à vitesse exponentielle dans les intentions de vote ? La faute aux galeux de Français, ces racistes indécrottables, mus par les mânes de Drumont, Gobineau, Maurras, Pétain, auxquels on adjoindra, sans craindre un contraste aussi saisissant qu’ironique, Zemmour, Finkielkraut et pourquoi pas, Dieudonné. En conclusion, la France est raciste, voire l’a toujours été, si l’on en croit le franco-togolais, Kofi Yamgnane, ex-sous ministre de l’Intégration, Mitterrand regnante, dont les liens d’allégeance et de fidélité à notre pays sont plus que douteux, l’intéressé, d’une probité tout aussi sujette à caution, n’ayant pas hésité à se présenter, en 2010, aux élections présidentielles de son pays d’origine, avant que sa candidature ne soit finalement rejetée en raison d'un « doute sur son identité », ses documents d'état civil mentionnant deux dates de naissance différentes. Cet antiracisme de pacotille est, de plus, à géométrie variable, comme le rappelle Nouvelle de France (13 novembre) : « Marine Le Pen représentée sous la forme d’un excrément par Charlie Hebdo, c’était en janvier 2012 et cela n’avait choqué personne ou presque : Christiane Taubira (que Minute n’ose même pas représenter sous la forme d’un singe, ce qui serait moins insultant que l’étron supra) moquée, cela donne une polémique nationale et la ministre de la Justice au JT de 20h de France 2 affirmant que cette couverture est d’une ‘‘extrême violence’’ et que l’hebdomadaire ‘‘prétend (l’expulser) de la famille humaine’’ ». Cette violence scatologique était pourtant défendue au nom de la liberté d’expression par les bien-pensants. On ne peut résister à pasticher ainsi La Fontaine : selon que vous serez Blanc ou Noir, les jugements de cour vous rendront puissant ou misérable.

L’antiracisme est d’abord un racialisme

Et l’on saisit compulsivement « l’ajustice », comme, sous la Terreur, on érigeait la guillotine, pour imposer une illusoire égalité des droits. Sauf qu’en cette affaire, à l’instar des animaux d’Orwell, si les allogènes et les indigènes sont égaux, ceux-là, bizarrement  le sont plus que les autres. Comme nous l’écrivions dans notre dernier opus, « il est grand temps de faire tomber les masques et de dénoncer la chape de plomb de cet antiracisme d’Etat insupportable qui classe la France au rang des dictatures qu’elle croit combattre au nom des droits de l’homme, dont elle n’hésite guère à bafouer les principaux piliers, à commencer par la liberté d’expression. (…) Il faut bien comprendre que l’antiracisme n’est rien moins qu’un racisme, voire même un racialisme et, comme tel, un suprématisme. (…). Bref, à partir du moment où le droit permet d’assurer la prééminence d’un groupe sur un autre, sur le fondement de considérations raciales ou ethniques, l’égalité de droits devient une duperie grossière. L’antiracisme en France est donc un véritable mensonge d’Etat relevant, d’après Philippe Nemo, d’une ‘‘pensée magico-religieuse’’ qui impose aux magistrats ‘‘de revenir aux modes de raisonnement des sociétés où les idées étaient réputées avoir par elles-mêmes une causalité intrinsèque, une sorte de force maléfique, à savoir les sociétés anciennes préscientifiques (primitives ou traditionnelles’’. Au nom de la supériorité inconditionnelle de la race humaine, l’antiracisme officiel nie, du même coup, les particularités essentielles attachées à telle ou telle population du globe. Il prétend, dans son dessein totalitaire, refaire l’humanité comme il voudrait qu’elle fût et non en prendre acte telle qu’elle est. Cette volonté constructiviste de façonner un homme nouveau est la principale caractéristique de toutes les idéologies mortifères du XXe siècle, sous-tendues par une haine foncière de l’homme. Alain Finkielkraut résumera en affirmant que ‘‘l’antiracisme est le communisme du XXIème siècle’’ » (Détournement d’héritages, L’AEncre, 2013). CQFD.

Article paru dans l'Action Française 2000, n°2874

05 novembre 2013

Topographie du Front National

 

Le parti de Marine Le Pen entretien la rumeur (et, subséquemment, les fantasmes ; les branchés emploieraient volontiers le terme « buzz », cette affreuse onomatopée « globisch »), à proportion de ce qu’il effraye manifestement le système. S’il fait peur, c’est qu’il est insaisissable, tant pour les « spécialistes » des élections, que pour les responsables du parti lui-même, sans oublier les électeurs, finalement les premiers concernés.

Premier parti de France ?

Un récent sondage (à prendre avec les pincettes de rigueur) réalisé pour le Huffington Post et I-Télé fait ressortir que 57% des Français, toutes tendances politiques confondues, considèrent le Front national comme un parti situé à « l’extrême droite » du paysage politique français. 32% proches du FN estiment même que cette étiquette lui convient parfaitement. Pis, seulement 11% des sondés répondent que le FN est un parti « ni de droite, ni de gauche » (20% chez les sympathisants marinistes), résultat qui tend à montrer que la posture gaulliste d’un parti qui se veut au-dessus de la mêlée partisane est inaudible électoralement. Marine Le Pen contribue à opacifier un peu plus cette situation. N’a-t-elle pas déclaré à L’Express (2 octobre), que son parti n’était « absolument pas un parti de droite, ceux qui le pensent [faisant] une erreur d’analyse totale » ? La même, avertissait le lendemain sur RTL, devant un Jean-Michel Apathie blêmissant, qu’elle intenterait des actions judiciaires à l’encontre de quiconque diffamerait son mouvement en le taxant d’« extrême droite ». Dès lors, de deux choses l’une : soit le FN n’assume plus, même lointainement, l’héritage idéologique du père fondateur, Jean-Marie Le Pen, soit ambitionne-t-il une refondation de la gauche, entreprise folle, s’il en est. Car, le parti frontiste est pressé. Il doit remporter un certain nombre de mairies lors des prochaines élections municipales, tout en ravissant, aux Européennes, la place enviée de premier parti de France qui lui donnerait la dynamique nécessaire pour la Présidentielle de 2017. Néanmoins, c’est cet écart entre la stratégie électoraliste d’un parti dont la vocation naturelle est d’accéder au pouvoir et son positionnement idéologique dès plus vaporeux (y compris pour son partenaire souverainiste du SIEL de Paul-Marie Coûteaux, prônant clairement l’union des droites) qui risque, à moyen terme, d’entamer son ascension.

Le nouveau parti radical ?

Il convient de reconnaître que la doctrine du FN est frappée du sceau inaltérable de l’ambiguïté. Or, c’est précisément le talon d’Achille d’un parti qui tout en ayant parfaitement diagnostiqué la dilution de la gauche et de la droite dans l’océan du mondialisme, demeure, nonobstant, comme tétanisé au milieu du gué. En d’autres termes, le FN semble englué dans une incapacité intellectuelle à choisir son camp idéologique. Il oublie que dans un régime ayant la démocratie comme facteur exclusif de légitimité du pouvoir, il est suicidaire de ne pas proposer une « offre » politique à ceux dont on sollicite les suffrages. Même l’élection présidentielle qui implique, paraît-il, la rencontre d’un homme (ou d’une femme) avec son peuple ne peut, sans hypocrisie, s’affranchir d’une telle donnée élémentaire. Ainsi va le régime électif, sauf à le dénoncer comme la source de bien des maux institutionnels, comme le fait inlassablement l’Action française depuis un siècle. C’est que Marine Le Pen n’est pas le roi et qu’on la somme, prestement, de se déterminer. Osons, modestement, le faire pour elle. Dans son programme présidentiel, Pour que vive la France, elle déplore qu’« il n’y a plus d’alternative à gauche ». Dans le même temps, s’appuyant sur Jaurès elle fait l’éloge de la patrie, seul bien des pauvres quand ils ont tout perdu et se lance dans une défense acharnée de la laïcité et de l’Etat conçu comme « indissociable de la nation ». Ce tropisme centralisateur conjugué à un certain volontarisme gaullien placerait d’emblée le parti frontiste dans la catégorie politique, assez polymorphique, il est vrai, des radicaux[1]. Ni du centre et encore moins de gauche et de droite, mais farouchement républicain dans une perspective sociale et nationale, certes rénovée mais ancienne puisque s’enracinant dans la fin du Second Empire. Ce faisant, elle emprunterait davantage à Jules Simon ou à Gambetta qu’à Adolf Hitler, n’en déplaisent à ses détracteurs ignares. Aussi, cette approche doit-elle relativiser le « mouvement dextrogyre » théorisé par le politologue, Guillaume Bernard (s’inspirant d’Albert Thibaudet), selon lequel le peuple français inclinerait à droite. Le FN cherche à se dégager de cette traditionnelle taxinomie « droite » et « gauche » et, partant, oblige les autres forces politiques à rebattre leurs cartes idéologiques. Plus qu’une translation de la gauche vers la droite, c’est à une recomposition profonde de l’échiquier politique à laquelle nous commençons d’assister qui opposera, dans un futur proche, les libéraux mondialistes (PS, UMP, UDI-MOdEM), les étatistes libertaires (PC, Parti de Gauche, EELV) et les souverainistes (FN, SIEL, DLR).

Article paru dans L'Action Française 2000 n°2871



[1] Nous avons développé cet aspect dans notre ouvrage, Détournement d’héritages, publié aux éditions l’AEncre, auquel nous nous permettons de renvoyer le lecteur (ouvrage disponible sur Francephi.com)

16:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)